En savoir plus sur les indulgences

En un mot et en termes non équivoques :

796. Que sont les indulgences ? - Les indulgences sont la rémission de la peine temporelle due à nos péchés, déjà pardonnés quant à la culpabilité, que l'Église accorde en dehors du sacrement de la pénitence.

797. De qui l'Église a-t-elle reçu le pouvoir d'accorder des indulgences ? - L'Église a reçu de Jésus-Christ le pouvoir d'accorder des indulgences.

798. De quelle manière l'Église nous pardonne-t-elle la punition temporelle pour par des indulgences ? - L'Église nous pardonne nos peines temporelles au moyen des indulgences, en nous appliquant les satisfactions surabondantes de Jésus-Christ, de Marie Très Sainte et des Saints, qui forment ce qu'on appelle le trésor de l'Église.

799. Qui a le pouvoir d'accorder des indulgences ? - Le pouvoir d'accorder des indulgences est dévolu uniquement au pape dans toute l'Église et à l'évêque dans son diocèse, selon la faculté qui lui est accordée par le pape.

800. Combien de types d'indulgences existe-t-il ? - Les indulgences sont de deux types : plénières et partielles.

801. Qu'est-ce que l'indulgence plénière ? - L'indulgence plénière est celle qui pardonne toutes les peines temporelles dues aux péchés. Par conséquent, si quelqu'un devait mourir après l'avoir obtenu, il irait directement au ciel, sans passer par le purgatoire.

802. Qu'est-ce que l'indulgence partielle ? - L'indulgence partielle est celle qui ne pardonne qu'une partie de la peine temporelle due aux péchés.

803. Que veut faire l'Église en accordant des indulgences ? - En accordant des indulgences, l'Église entend aider notre incapacité à expier en ce monde toutes les peines temporelles, en nous faisant réaliser, par des œuvres de piété et de charité chrétienne, ce que, dans les premiers siècles, elle essayait de faire par la rigueur des canons pénitentiaires.

804. Qu'est-ce qu'on entend par une période de 100 jours, sept ans, et d'autres similaires ? - Par indulgence de cent jours, sept ans, etc., on entend la rémission d'autant de peines temporelles que celles qui seraient déduites par cent jours ou sept ans de la pénitence autrefois établie par l'Église.

805. Que faire des indulgences ? - Nous devons faire un très grand usage des indulgences, parce qu'avec elles nous satisfaisons la justice de Dieu et parvenons plus rapidement et plus facilement à la possession du ciel.

806. Que faut-il pour obtenir des indulgences ? - Pour gagner des indulgences, il faut : 1. être en état de grâce (au moins dans la dernière œuvre à accomplir) et être pur, même dans les fautes vénielles dont on veut se faire pardonner la peine ; 2. accomplir les œuvres prescrites ; 3. avoir l'intention de les gagner ; 4. être sujet de celui qui les accorde.

Extrait du Catéchisme de Saint Pie X

En termes plus modernes, le Catéchisme de Saint Jean Paul II dit la même chose :

X. Indulgences

1471 La doctrine et la pratique des indulgences dans l'Église sont étroitement liées aux effets du sacrement de la pénitence.

Que sont les indulgences ?

"L'indulgence est la rémission devant Dieu de la peine temporelle des péchés, déjà pardonnés en ce qui concerne la culpabilité, qu'un fidèle qui le veut et remplit certaines conditions obtient par la médiation de l'Église, qui, en tant qu'administratrice de la rédemption, distribue et applique avec autorité le trésor des satisfactions du Christ et des saints" (Paul VI, Const. ap. Indulgentiarum doctrina, normes 1).

"Une indulgence est partielle ou plénière selon qu'elle libère de la peine temporelle due aux péchés en partie ou en totalité" (Indulgentiarum doctrina, normes 2). "Tout fidèle peut obtenir pour lui-même ou appliquer des indulgences partielles ou plénières pour les défunts par voie de suffrage" (CEC, can. 994).

Les sanctions du péché

1472 Pour comprendre cette doctrine et cette pratique de l'Église, il faut se rappeler que le péché a une double conséquence. Le péché grave nous prive de la communion avec Dieu et nous rend donc incapables de la vie éternelle, dont la privation est appelée la "peine éternelle" du péché. En revanche, tout péché, même véniel, implique un attachement désordonné aux créatures, qui doit être purifié, soit ici-bas, soit après la mort, dans l'état appelé purgatoire. Cette purification libère de ce que l'on appelle la "peine temporelle" du péché. Ces deux peines ne doivent pas être conçues comme une sorte de vengeance, infligée par Dieu de l'extérieur, mais comme découlant de la nature même du péché. Une conversion qui procède d'une charité fervente peut conduire à la purification totale du pécheur, de sorte qu'aucune peine ne subsiste (cf. Concile de Trente : DS 1712-13 ; 1820).

1473 Le pardon des péchés et la restauration de la communion avec Dieu entraînent la rémission des peines éternelles du péché. Mais les peines temporelles du péché demeurent. Le chrétien doit s'efforcer, en supportant patiemment les souffrances et les épreuves de toute nature et, le jour venu, en affrontant sereinement la mort, d'accepter comme une grâce ces peines temporelles du péché ; il doit s'appliquer, tant par les œuvres de miséricorde et de charité que par la prière et les diverses pratiques de pénitence, à se dépouiller complètement du "vieil homme" et à revêtir l'"homme nouveau" (cf. Ep 4, 24).

Dans la communion des saints

1474 Le chrétien qui veut se purifier du péché et se sanctifier avec l'aide de la grâce de Dieu n'est pas seul. " La vie de chacun des enfants de Dieu est liée de façon merveilleuse, dans le Christ et par le Christ, à la vie de tous les autres frères et sœurs chrétiens, dans l'unité surnaturelle du Corps mystique du Christ, comme dans une personne mystique " (Paul VI, Constitution apostolique Indulgentiarum doctrina, 5).

1475 Dans la communion des saints, donc, " il existe entre les fidèles, tant parmi ceux qui sont déjà bienheureux que parmi ceux qui expient au purgatoire ou qui sont encore en pèlerinage sur la terre, un lien constant d'amour et un échange abondant de tous les biens " (ibid.). Dans cet échange admirable, la sainteté de l'un profite aux autres, au-delà du mal que le péché de l'un a pu causer aux autres. Ainsi, le recours à la communion des saints permet au pécheur contrit d'être purifié plus rapidement et plus efficacement des peines du péché.

1476 Ces biens spirituels de la communion des saints, nous les appelons aussi le trésor de l'Église, "qui n'est pas une somme de biens, comme le sont les richesses matérielles accumulées au cours des siècles, mais qui est la valeur infinie et inépuisable devant Dieu des expiations et des mérites du Christ notre Seigneur, offerts pour que l'humanité soit libérée du péché et entre en communion avec le Père. Dans le Christ notre Rédempteur seul se trouvent en abondance les satisfactions et les mérites de sa rédemption" (Indulgentiarum doctrina, 5).

1477 "À ce trésor appartient aussi le prix vraiment immense, incommensurable et toujours nouveau que représentent les prières et les bonnes œuvres de la Bienheureuse Vierge Marie et de tous les saints, qui se sont sanctifiés par la grâce du Christ, en suivant ses traces, et ont accompli une œuvre agréable au Père, de sorte que, travaillant à leur propre salut, ils ont aussi coopéré au salut de leurs frères dans l'unité du Corps mystique" (Indulgentiarum doctrina, 5).

L'indulgence de Dieu s'obtient par l'intermédiaire de l'Église.

1478 Les indulgences sont obtenues par l'Église qui, en vertu du pouvoir de lier et de délier que lui a conféré le Christ Jésus, intervient en faveur du chrétien et lui ouvre le trésor des mérites du Christ et des saints pour obtenir du Père de miséricorde la rémission des peines temporelles dues à ses péchés. C'est pourquoi l'Église veut non seulement venir en aide à ce chrétien, mais aussi l'inciter à accomplir des œuvres de piété, de pénitence et de charité (cf. Indulgentiarum doctrina, 8 ; Concile de Trente : DS 1835).

1479 Comme les fidèles défunts sur le chemin de la purification sont aussi membres de la même communion des saints, nous pouvons les aider, entre autres, en leur obtenant des indulgences, afin qu'ils soient libérés des peines temporelles dues à leurs péchés.

Saint Jean Paul II, Catéchisme de l'Église catholique, 1992.